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Enquête CAME

 

Crack A la Martinique : Etat des lieux

 

Point de vue de la population,

 

profils et trajectoires des usagers.

 


 

 En France, l’usage important de crack concerne uniquement les Antilles-Guyane et Paris (arrondissements du Nord-Est et banlieues voisines). En Martinique, le développement de la consommation de crack a nécessité la réalisation d’une étude ayant pour but d’actualiser les connaissances sur la problématique du crack dans cette région.
 Cette étude se décompose en trois sous-études descriptives s’attachant chacune à des aspects différents du crack. La première s’intéresse au point de vue de la population vis-à-vis des consommateurs de crack. La seconde porte sur les usagers eux-mêmes pour définir leur profil, leurs caractéristiques et les trajectoires. La dernière s’attarde sur l’existant en termes de prise en charge.

 

Les objectifs de l’enquête CAME sont donc :

  • d’apporter un éclairage sur le point de vue de la population vis-à-vis des consommateurs de crack (représentations sociales) ;

  • de cerner les caractéristiques de cette population (contexte d’initiation, trajectoires, insertion sociale et utilisation des services existants) ;

  • de recenser les structures existantes pour la prise en charge des usagers de crack et de recueillir leurs besoins et leurs attentes pour améliorer cette prise en charge.

 

Cette étude se décompose en trois volets pour répondre à chacun des objectifs :

  • une enquête en population générale intégrée à une enquête omnibus réalisée par un institut de sondage (Ipsos Antilles) sur un échantillon représentatif de 500 personnes de 15 ans et plus résidant en Martinique ;

  • une enquête auprès d’un échantillon de 200 usagers de crack résidant ou errant en Martinique ;

  • une étude sur les structures existantes (recensement, descriptif du dispositif, analyse des files actives…).

 

 Le sondage auprès de la population martiniquaise a eu lieu en novembre - décembre 2006. Les principaux résultats montrent que les martiniquais identifient bien la dangerosité du crack (90 % pensent que c’est dangereux pour la santé dès
que l’on essaie). Si 67 % des personnes interrogées ne connaissent pas personnellement de personnes qui fument du crack, 6 % en côtoient dans leur entourage familial proche et 25 % dans leur voisinage. Le sentiment d’insécurité lié à la présence des consommateurs de crack n’est déclaré que par moins d’un tiers des enquêtés et concerne essentiellement Fort de France. Si plus d’un quart des martiniquais connaissent une ou plusieurs personnes qui ont déjà été victimes de violences ou d’agressions de la part de consommateurs de crack, ils ne sont que 8 % à en avoir été personnellement victimes. Enfin, quand on leur demande s’ils seraient favorables à la création de structures d’aide pour les usagers de crack, 82 % des martiniquais se déclarent très favorables mais cette proportion tombe à 60 % si cette création avait lieu dans leur quartier.

 Le recueil de données pour l’enquête de terrain auprès des usagers s’est effectué de février à juillet 2007 pour les 170 premiers questionnaires et de janvier à mars 2008 pour les 30 derniers. Deux enquêteurs, éducateurs spécialisés, ont interrogé sur l’ensemble de la Martinique, 200 usagers, hommes et femmes, de différentes tranches d’âge, en milieu fermé (centre pénitentiaire) ou ouvert, qu’ils fréquentent les structures spécialisées ou non. Les usagers de crack sont majoritairement des hommes (86 %) et la moyenne d’âge est de 40,8 ans (de 18 à 67 ans). Les enquêtés sont presque tous de nationalité française, à l’exception de 3 d’entre eux et sont majoritairement nés en Martinique (82 %). Si 62 % ne sont pas allés au-delà du collège pour leurs études, trois quarts d’entre eux ont une profession ou une compétence dans un domaine manuel principalement (bâtiment, restauration…). Beaucoup disposent de revenus mais leur situation est souvent instable ou précaire (activité intermittente, jobs, inactif…). Plus de la moitié ont déjà été emprisonnés.

 L’initiation s’est faite le plus souvent par l’intermédiaire d’un ami (55 % des cas) et gratuitement dans deux tiers des cas. Cette première consommation de crack a eu lieu en moyenne à 24 ans, l’âge d’initiation le plus bas étant de 9 ans et le plus élevé de 52 ans. Près de la moitié des usagers avait déjà fumé du crack à 22 ans et les trois quarts à 28 ans. L’initiation s’est faite sous forme de black joint pour 58 % d’entre eux, très rarement à leur insu (moins de 5 %) et 40 % disent avoir fumé la première fois par curiosité. La consommation est devenue régulière dès cette première prise pour 36 % d’entre eux et moins d’un mois après pour près de la moitié des usagers. La consommation de crack se fait le plus souvent de façon quotidienne (62,5 %) ou pluri-hebdomadaire. Le crack est le plus souvent consommé à la pipe. Les deux matériaux les plus utilisés pour les pipes sont le cuivre et l’aluminium. La dépense moyenne pour le crack est de 90 € par jour pour ceux qui ont un usage quotidien et de 114 € par semaine pour les autres. Huit usagers sur 10 ont déjà eu des périodes d’abstinence et au moment de l’enquête, la majorité des usagers (78 %) aimerait arrêter la consommation de crack.

 Tous les usagers, sauf 3, ont déjà fumé du cannabis et cette consommation est antérieure à celle de crack de 7 ans en moyenne. Au moment de l’enquête, 79 % continuent à consommer du cannabis. Les autres produits interdits par la loi ont été très peu expérimentés (18 % ont déjà consommé de l’héroïne, 19 % de la cocaïne et 12 % du LSD) et seuls 11 % ont déjà eu recours à l’injection. Trois quarts des usagers sont des fumeurs de tabac réguliers et plus du quart consomme de l’alcool tous les jours. Sur l’ensemble des usagers interrogés, 21,5 % ont déjà été hospitalisés pour des problèmes psychiques.

6 cas de dépistage positif pour l’infection à VIH, 2 cas pour l’hépatite C et 1 cas pour l’hépatite B ont été relevés.

 

La prise en charge paraît insuffisante, moins de la moitié des usagers (41 %) ont un médecin qui les suit régulièrement et le recours aux structures spécialisées est peu fréquent. Environ un quart des personnes interrogées se déclare réticent pour utiliser les structures d’aide. Le plus souvent, la raison invoquée est le fait qu’ils arriveront à arrêter tout seul, grâce à leur propre volonté. Le recours aux structures caritatives, pour manger ou se vêtir, concerne régulièrement ou occasionnellement un peu plus d’un usager sur trois.

 L’enquête de terrain a permis d’actualiser les connaissances sur les consommateurs de crack qui représentent la très grande majorité des usagers problématiques de drogues à la Martinique. Globalement les résultats obtenus sont en accord avec ce qui a déjà été observé lors de précédentes enquêtes en Martinique, notamment pour les caractéristiques socio-professionnelles des usagers. Leur situation est souvent précaire (situation professionnelle instable, logement provisoire ou inexistant). Comme cela a déjà été souligné dans d’autres études, le contexte économique et social de la Martinique ne favorise pas l’insertion professionnelle des consommateurs de crack, ni les solutions pour le logement. Ce sont d’ailleurs les deux principales aides souhaitées par les usagers pour favoriser la réinsertion. Les résultats montrent la nécessité d’améliorer la prise en charge en impliquant l’ensemble des acteurs : les usagers eux-mêmes, les structures de prise en charge et la population martiniquaise. La comparaison avec les résultats de Guadeloupe permettra peut-être de proposer des solutions communes. Une analyse plus détaillée des contextes d’initiation devrait également permettre de faire des propositions en termes de prévention.

 Les principales structures de prise en charge des consommateurs de crack en Martinique proposent des consultations médicales et psychologiques et des entretiens avec des éducateurs et des assistantes sociales. Des prises en charge collectives sont également proposées comme des groupes de parole, des activités de groupes ou encore des sorties éducatives. Des services à la personne sont offerts par les structures de première ligne (douche, habillement…). Mais ces structures ont rapporté des besoins notamment en personnel supplémentaire et en formation spécialisée pour leur activité. Selon elles, une meilleure coordination entre les différentes structures, des places supplémentaires pour les usagers et une prise en charge plus globale de cette population permettrait d’améliorer le dispositif actuel de prise en charge des consommateurs de crack en Martinique. Différentes mesures ont été proposées pour améliorer la prévention primaire dans le domaine de la consommation de crack notamment des actions auprès des jeunes au sein de leurs établissements scolaires.

 L’ensemble des résultats présentés dans ce rapport montre la nécessité d’améliorer la prise en charge des consommateurs de crack et ceci en impliquant l’ensemble des acteurs de la société : la population martiniquaise, les usagers eux-mêmes et les structures de prise en charge. Cette étude est une étude descriptive qui pourra être complétée par des études qualitatives.


Enquête CAME – septembre 2008





 


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